Le foot peut mener en prison
Le foot est désormais placé sous le coup de la loi 09-09 sur la violence dans les stades, qui est entrée en fonction. Son adoption et son exécution ont connu une procédure exécutoire beaucoup plus rapide que ses équivalentes sur l’EPS et le dopage, qui attendent toujours les circulaires ou textes d’application.
Pour la loi de 1989, elle n’a été suivie de textes d’application qu’en 1993, sans qu’on se préoccupe de l’essentiel, particulièrement à propos du passage du football amateur au football d’entreprise à Objet Sportif.
Cette loi sur la violence, qui comprend 19 articles, s’inspire, comme c’est de coutume, d’une loi française (2006), déjà appliquée pour une grande part à propos des supporters violents et de certaines associations du PSG à Paris.
Avec la dissolution de deux associations de supporters, la condamnation à la prison, des amendes et aussi l’interdiction de stade pour de longues périodes allant jusqu’à trois mois et plus.
Au Maroc, plusieurs personnes ont été déférées devant la justice, après les nombreux incidents qui ont émaillé la sortie du complexe Mohammed V, après les matches du Raja et du WAC et aussi des derbies ayant opposé les deux grands clubs casablancais.
Mais sans que les personnes poursuivies ne soient durement sanctionnées, à cause d’un vide juridique, aujourd’hui dépassé avec des mesures lourdement répressives et explicitement coercitives.
On veut donner l’exemple, avec des peines de prison fermes, allant d’une année à cinq ans et des amendes de 1000 DH à 20.000 DH.
On reviendra sur les tenants et les aboutissants de cette loi, surtout qu’elle privilégie la coercition et la répression, au lieu de la légitimer par un travail pédagogique d’information et de sensibilisation.
La punition voire la surveillance sont légitimés par la gravité des actes de hooliganisme et de vandalisme,
mais il ne faut pas oublier que nous sommes dans un Etat de droit, ce qui implique des devoirs, des obligations et aussi des droits au profit du spectateur (citoyen).
Un spectateur en règle, porteur d’un billet a droit à tous les égards requis et ne devrait jamais, quelles que soient les circonstances, être l’objet d’abus et d’arbitraire.Et c’est là où devrait s’impliquer la société civile et le mouvement sportif, pour éviter qu’un enfant soit condamné à une peine très lourde et dont le seul crime est d’avoir fréquenté un stade de football au mauvais moment !
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