Le jubilé d'Armstrong
Septuple vainqueur de l'épreuve, troisième en 2009, Lance Armstrong va prendre le départ du Tour de France une dernière fois, promet-il. Favori ou faiseur de roi, son rôle potentiel est incertain.
Est-il plus fort qu'en 2009 ?
A bientôt 39 ans, Lance Armstrong semble avoir dépassé l'âge qui offre une marge de progression même dans un sport à maturation tardive comme le cyclisme. Mais la question se pose autrement pour un coureur qui était sorti fin 2008 de trois ans et demi de retraite sportive. «Je serai plus fort l'an prochain car j'aurai une année de plus dans les jambes après le Giro, le Tour, tous mes entraînements et les courses effectués », a-t-il lancé cet hiver. Après un printemps 2009 plombé par une fracture de la clavicule, le Texan a cette fois été troublé par des virus intestinaux qui l'ont empêché de courir Milan-San Remo et l'ont contraint à l'abandon au Circuit de la Sarthe. Il a même chuté au Tour de Californie, sans grosse blessure néanmoins. Après un début de saison peu dense en compétitions et en résultats encourageants, le leader de RadioShack a changé ses plans ces dernières semaines pour enchaîner Tour du Luxembourg (3e) et Tour de Suisse (2e) entre deux sessions de reconnaissance sur le parcours du Tour. Son podium en Suisse, après une belle étape en haute montagne, a rassuré sur son potentiel et sa montée en régime vers juillet.
Le parcours lui convient-il ?
La faible place laissée aux contre-la-montre individuels n'aurait pas forcément plu au Lance Armstrong époque 1999-2005 où le Texan prenait de vitesse ses rivaux avec un rythme de pédalage infernal (9 victoires en 7 ans sur les chronos). Mais le millésime 2010 du coureur est visiblement moins véloce dans l'exercice : «Depuis deux ans, j'ai un peu plus de mal en contre-la-montre», a-t-il reconnu ces dernières semaines, sans pouvoir cacher sa 11e place au chrono de 26 km du Tour de Suisse. L'absence de contre-la-montre par équipes est sans doute plus gênante pour un coureur qui avait profité de la force collective d'Astana l'an dernier pour se placer dès la première semaine et qui avait reformé une machine à rouler chez RadioShack. Finalement, avant les Pyrénées ou le chrono entre Bordeaux et Pauillac, la véritable chance d'Armstrong est la première semaine s'il sait exploiter les pièges semés par les organisateurs, sur les digues néerlandaises et les pavés du Nord. « Il a une science de la course exceptionnelle. Il sait mettre la pression sur ses adversaires, estime le directeur du Tour Christian Prudhomme. Dans la première semaine du Tour de France, il peut être un facteur de mouvement sans doute.»
Quels rôles peut-il jouer ?
Avec sept Tours de France au palmarès et un goût de la victoire indéniable, il est difficile de croire que Lance Armstrong puisse débarquer à Rotterdam avec une ambition autre que de revêtir le Maillot Jaune. «Cela ne changera pas ma vie de gagner le Tour ou non, répète-t-il depuis le début de la saison. J'aurai besoin de chance et je devrai peut-être jouer collectif», a-t-il ajouté ces dernières semaines, en référence à Andy Klöden et Levi Leipheimer, deux coureurs qui sont déjà montés sur le podium du Tour. Quelques semaines après les accusations de dopage émises par Floyd Landis, le Boss pourrait aussi profiter de la Grande Boucle pour profiter de sa popularité incontestable. Et pourrait indirectement se trouver dans le rôle de faiseur de roi, lui qui a côtoyé Alberto Contador pendant un an et maîtrise l'art de la phrase assassine. Le résultat du deuxième «dernier Tour» de sa carrière (après 2005) éclairera évidemment l'orientation qu'il donnera à sa saison 2011
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Tour Down Under : 25e ;
Tour de Murcie : 7e ;
Critérium International : 47e ;
Tour des Flandres : 27e ;
Circuit de la Sarthe : abandon ;
Tour de Californie : abandon ;
Tour du Luxembourg : 3e ;
Tour de Suisse : 2e