Verbeek : "Une marche de plus à gravir
Depuis votre prise de fonctions effective en août dernier, l’équipe olympique a affronté successivement la Tunisie, le Qatar et la Côte d’Ivoire, avec un bilan mitigé (1 nul, 1 défaite et 1 victoire). Quels enseignements avez-vous tirés de cette série de matchs amicaux ?
A l’heure actuelle, je ne me focalise pas sur le bilan comptable. Le match qu’il nous faut absolument gagner est celui que nous disputerons en fin mars 2011, contre le Mozambique, dans la perspective de nous qualifier pour les Jeux Olympiques de Londres en 2012. En effet, notre politique est de fonctionner par palier. Nous avons fait le choix de convoquer au fil des stages un nombre important de nouveaux joueurs, afin d’offrir l’opportunité à chacun de montrer ses qualités, l’objectif final étant de trouver les meilleurs éléments à chaque poste. Mais je dois vous avouer que depuis le premier match amical contre la Tunisie de septembre dernier, la sélection a déjà franchi un nouveau cap et les joueurs prennent conscience du caractère fondamental de l’esprit de groupe. Je réalise que la route sera encore longue avant d’arriver à disposer d’une équipe très compétitive mais à chaque rassemblement nous ajouterons plusieurs pierres à notre édifice.
Quels sont les aspects sur lesquels les jeunes joueurs marocains doivent-ils redoubler d’efforts ?
Contrairement aux joueurs marocains évoluant en Europe, les talents locaux n’ont pas eu la chance de bénéficier d’une vraie formation professionnelle et ce, dès leur plus jeune âge. De ce fait, il existe deux points qui font naturellement défaut aux jeunes talents du championnat marocain, à savoir la concentration et la discipline tactique.Ces deux critères fondamentaux sont également intimement liés à l’esprit collectif. Un joueur ne doit pas oublier les consignes que nous lui avons données en fin de match et au cours d’une partie, il doit toujours faire l’effort de replacement pour ne pas rendre compliqué la tâche d’un coéquipier. Cependant, je reste confiant, ces lacunes se gommeront progressivement.
Trouvez-vous normal que certains jeunes faisant partie de la sélection olympique ne soient pas titulaires en équipe première au sein de leurs clubs ?
Vous savez, ce sont des décisions qui appartiennent aux entraîneurs de chaque club et que je ne peux me permettre de remettre en cause. Compte tenu de la pression du public et des médias, le besoin de gagner chaque match prend le dessus et encourage malheureusement la pratique d’une vision à court terme, peu propice à impliquer dans une équipe type de jeunes joueurs talentueux au fort potentiel mais à l’expérience faible. Néanmoins, je constate parfois que les jeunes baissent un peu trop vite les bras et blâment leur entraîneur, plutôt que de puiser l’énergie dans ses situations difficiles et montrer de quoi ils sont capables. La remise en cause personnelle est une chose primordiale en football.
Lors du match amical contre la Côte d’Ivoire, vous avez fait appel à cinq joueurs évoluant en Europe. Cette fois-ci, aucun d’entre eux n’apparaît dans la liste. Pouvez-nous nous en dire un peu plus ?
En effet, vous avez raison, cette date ne figurant pas parmi celles programmée par la FIFA, nous préférons ne pas demander aux clubs d’Europe de mettre à notre disposition leurs joueurs. Vous imaginez si toutes les sélections récupéraient les joueurs internationaux selon leur programme, compte tenu de la diversité des origines des joueurs issus de clubs européens, leurs effectifs seraient quelque peu décimés. Ceci étant, ce n’est pas l’envie et la motivation de ces joueurs qui leur manquent car beaucoup nous appelle aujourd’hui pour demander de venir jouer.
Enfin, qu’attendez-vous de ce tournoi de l’UNAF ?
Comme je vous l’ai dit précédemment, ce tournoi va nous permettre de poursuivre notre progression. Aujourd’hui et plus que jamais, tous les acteurs du football marocain ont compris que nous étions engagés dans un processus de développement à long terme. Ce tournoi est une marche de plus à gravir.
Une dernière question… Vous aviez promis de chanter l’hymne national australien en cas de qualification des Socceroos au Mondial 2010 et vous avez tenu parole. Vous êtes donc prêt à entonner l’hymne national marocain si vous parvenez à vous qualifier pour les JO de Londres 2012 ?
Avec plaisir (en esquissant un grand sourire).