Bataille de chiffonniers !
Il y a un proverbe marocain qui dit ton camarade de corporation est ton pire ennemi. Dans le jargon du football la fable se résume en un jeu de chaises musicales où un entraineur sur les gradins scie la chaise de celui qui est assis sur le banc de touche.
Dans le contexte explosif de Kenitra où un président contesté s’accroche à son maroquin malgré un climat qui frise l’émeute. Cela se résume en une phrase : Kerkach et Youmir sont dans un bateau, Kerkach est tombé à l’eau qui c’est qui l’a poussé ?
Le Lundi 31 octobre les deux hommes nous ont proposé un débat bas de gamme sur les ondes de RadioMars. Kerkach a accusé Youmir de lui savonner la planche et d’inciter les supporters à l’insulter et à même le menacer. Ce qui est curieux dans l’affaire c’est que Kerkach a été insulté pour avoir gagné un match. Pour sa défense Youmir a déployé un réquisitoire où il a parlé de cette nouvelle génération d’entraineurs qui a recours aux agents de joueurs et qui est prête à faire toutes les concessions, quitte à partager le salaire, pour être embauchée. Franchement on a baigné dans le surréalisme.
Ces deux messieurs ont oublié toute éthique, tout respect du collègue et ont tellement abaissé le niveau que l’on pouvait se demander si on avait affaire à des personnes diplômées, éduquées ou à des représentants d’un syndicat autre que celui des entraineurs.
Normalement si ces deux messieurs faisaient partie de l’ordre des médecins, leur corporation les sanctionnerait. Que pense donc l’amicale des entraineurs et son président le vénérable Mendoça. Est-il fier de cette bataille de chiffonniers ? Va-t-il sévir ou se contenter de mener la sempiternelle politique de l’Autruche
Depuis longtemps l’Amicale est devenu un club où jeunes mousquetaires et vieux grognards mènent des combats d’arrière garde inutiles. A force de se tirer dans les pattes, ils ont oublié le bienfondé de ce type d’organisation. L’Amicale a pour but de défendre la profession d’entraineurs, de contribuer à la réglementer et de permettre aux cadres marocains de briller dans le contexte si précaire du football. Il serait temps qu’elle revienne à l’essence de son existence et qu’elle convoque manu militari Kerkach et Youmir. Elle doit les sermonner comme des chenapans pris en flagrant délit de savonnage de planche, car à l’heure où le foot se structure, et se professionnalise, nous n’avons pas besoin d’électrons libres qui oublient sur antenne leur rôle d’éducateurs préférant prêcher haut et fort l’éternel faites ce que je dis, ne dites pas ce que je fais.
Par Amine Birouk.