Nos clubs sont-ils compétitifs ?
La participation des équipes marocaines aux différentes manifestations continentales reste mitigée.
Publié le : 20.07.2011 |
Aux grandes compét it ions, les grands moyens : logistiques, physiques, humains et infrastructurels. Nos clubs disposent ils de ces moyens ? Si l'on excepte quelques clubs qui se comptent sur le bout des doigts, il n'y en a pas beaucoup qui se targuent d'arriver à la hauteur du Ahly, Zamalek ou, à un degré moindre, au Hilal et El Merrikh du Soudan dont les trésoreries autorisent les espoirs les plus fous et permettent aux joueurs d'aborder les compétitions dans des conditions optimales.
Même ces clubs nationaux nantis, manquent, manifestement, de moyens à même de leur permettre de croiser le fer avec les adversaires en toute sérénité. Pour preuve, même les commentaires de nos foules manquent de confiance lorsque nos clubs ou notre équipe nationale se déplacent à l'étranger: «Il ne faut pas se leurrer ! Ils vont perdre ! » Le jour où ces réflexions changeront, l'idée que nous nous faisons de nos clubs aura une autre connotation Nos clubs arrivent à tirer leur épingle du jeu dans les rencontres préliminaires ; mais lorsque les choses arrivent au seuil des matches de groupes les clubs marocains trébuchent par manque de maturité, de moyens humains, de coaching, d'encadrement valable, de joueurs en mesure de faire la différence… Certains diront que nos clubs ont, déjà, remporté des compétitions africaines. Je vous l'accorde, mais en passant en revue l'itinéraire historique sportif de nos clubs, les victoires finales acquises paraissent parsemées ça et là … Comme si c'était des victoires acquises grâce au hasard.
Le professionnalisme comblera-t-il les lacunes que l'amateurisme s'est évertué à implanter et dans les mentalités et dans les structures ? Le professionnalisme se devra de combattre cet esprit défaitiste qui sévit dans le monde du football national. Lors des différentes confrontations avec les clubs africains, les lacunes (physiques, tactiques, de coaching, de moral) apparais-sent flagrantes. Nos voisins tunisiens ont fini par créer chez nos clubs une sorte de complexe qui les poursuit à chaque confrontation. Même au niveau des équipes nationales le même complexe hante les clubs. Souvenons-nous lors des confrontations entre clubs nationaux et ceux du Continent. Certains rétorqueront que le Raja avait déjà arraché une finale du coeur de Tunis devant l'ogre local, le Tarajji ou encore le FUS avec le titre de la Confédération africaine de football (CAF) ; exploit qu'il n'a pas pu rééditer cette saison : l'élément surprise n'étant plus de mise. Combien de titres et de Coupes avons-nous glanés durant notre histoire footballistique ? Certes, nous avons produit des génies de football jusqu'à présent inégalés ; mais ces génies ne pouvaient pas, à eux seuls, donner une consécration. Et c'est ce dont un pays a besoin.
Passons en revue le nombre de coupes glanées durant toute l'histoire et vous verrez que l'Ahly à lui tout seul est à son 6e titre de Champions League … autant de titres que tous les clubs marocains réunis (Nous n'en avons que 5!!!) Car le palmarès des clubs marocains n'est pas aussi fourni que celui de leurs homologues égyptiens qui restent le meilleur repère.
Fructifier le mental
L'exemple de présence, dans nos clubs, d'un moral fort vient de nous être offert par le Wydad. Le grand club casablancais a été au-delà des attentes. Certains considèrent ce nul contre Al Ahly (3-3) comme un résultat évident en football. Cependant revenir avec un nul de l'extérieur qui, plus est, devant un grand club, est une véritable performance. Car jamais les Rouges n'avaient baissé les bras. Ils sont revenus dans le match à deux reprises alors que tout semblait perdu ! Une situation qui nous rappelle celle du PSG entraîné, dans les années 80, par le célèbre Portugais Arthur Georges. A l'époque il a dit : «Le PSG gagne lorsqu'il est à Paris ! Posez-le à 30 km de la capitale, les joueurs deviennent de vraies poules mouillées ! » Edifiant !! Ce nul en Egypte, le Wydad doit le confirmer dans les rencontres à venir. Si tel sera le cas, on dira alors nos clubs n'ont peur de personne. Mieux encore. On pourrait alors miser sur eux sans retenue.
Par Mohamed Mellouk | LE MATIN
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