Examinons quelques cas d’espèces.
Monaco 2007
Lewis Hamilton (2e) se plaint après la course que McLaren lui a demandé de ne pas attaquer son coéquipier Fernando Alonso, meneur de l’épreuve.
McLaren a expliqué qu’elle avait le droit d’agir ainsi afin de se préserver d’une éventuelle intervention de la voiture de sécurité.
Après enquête, la FIA a exonéré McLaren. Dans son jugement, elle a même déclaré : “l’objectif premier d’une écurie est que l’un de ses pilotes remporte la course. Si cet objectif peut être atteint, elle tentera ensuite d’amener son autre voiture à la deuxième place”. N’est-ce pas ce que Ferrari a fait à Hockenheim ?
Brésil 2007
Dernière course de la saison. Massa (Ferrari) domine devant son public, son coéquipier Kimi Raikkonen est deuxième et Alonso (alors chez McLaren) troisième. Ce résultat aurait donné le titre à Alonso. Il est clair que Massa s’est sacrifié pour que son coéquipier passe en tête et soit couronné champion. La manoeuvre a été camouflée lors d’un arrêt aux puits, mais personne n’a été dupe. Mais personne, non plus, n’a trouvé à redire sur ce geste fort compréhensible compte tenu de l’enjeu.
Canada 2008
Nick Heidfeld est sur une stratégie d’un seul arrêt. Après son passage aux puits, il revient en piste devant son coéquipier Robert Kubica qui est sur une stratégie de deux arrêts. Dans le but de ne pas nuire à la stratégie du Polonais (qui doit rouler à fond de train car il a un arrêt de plus à effectuer), l’équipe BMW demande à Heidfeld de ne pas défendre sa position et de le laisser passer. Ce qui fut fait. Résultat de la course ? Kubica premier, Heidfeld deuxième. Acceptable compte tenu que Heidfeld n’avait pas à interférer avec la stratégie de son coéquipier. Face à un pilote d’une autre écurie, il aurait sûrement été difficile à dépasser.
France 2008
Heikki Kovalainen (McLaren) laisse passer son coéquipier Lewis Hamilton (parti 13e à la suite d’une pénalité au Grand Prix précédent) au 5e tour pour ne pas nuire à sa remontée…
Allemagne 2008
Heikki Kovalainen (McLaren) laisse passer son coéquipier Lewis Hamilton au 52e tour pour gentiment lui donner la 4e place qui allait ultimement devenir la 1ère place…
Comme on le constate, les stratégies d’équipe ont continué d’exister malgré le règlement 39.1 et ce, même au sein de la plus blanche que neige écurie McLaren.
Difficile de jeter l’opprobre sur Ferrari car il ne s’agit pas d’un cas isolé. Le malheur de Ferrari aura été d’avoir agi au su de tous. En effet, il n’est plus possible de se servir des ravitaillements en course pour opérer à des changements de position entre coéquipiers.